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Les robots de service

Luc Vanden-Abeele, ing. – CRIQ
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La robotique de service est une industrie relativement jeune qui a connu plusieurs améliorations technologiques. Même s’il n’y a pas encore consensus, l’IFR (www.ifr.org) propose une définition qui se lit comme suit (traduction libre) :

« Un robot qui opère de façon automatique ou semi-automatique pour réaliser des services utiles pour le bien-être des humains et des équipements, excluant les opérations manufacturières. »

L’idée de cette définition est d’éviter toute confusion avec les robots industriels utilisés présentement dans les entreprises manufacturières. Souvent, même si ce n’est pas toujours le cas, les robots de service sont mobiles. Voici une liste non exhaustive d’utilisations possibles de la robotique de service :

  • Robot dans l’agriculture pour les semences ou les récoltes.
  • Robot dans les mines pour le transport du minerai et pour l’inspection des souterrains.
  • Robot d’inspection d’infrastructures (ponts, viaducs, barrages).
  • Robot d’assistance médicale.
  • Robot d’assistance pour des personnes handicapées.
  • Robot de surveillance et de sécurité.

Au niveau technologique, les bases de la robotique de service ont de grandes similitudes avec la robotique de collaboration pour l’industrie manufacturière. Le tableau ci-dessous permet de les comparer.

Robot de collaboration Robotique de service
Interaction avec l’humain. Interaction avec les humains situés dans la trajectoire.
Compréhension de l’environnement par l’intégration de la vision et de senseurs de force. Algorithmes de traitement des informations provenant des différents senseurs.
Sécurité pour l’humain. Sécurité des humains pouvant être dans la trajectoire.
Facilité de programmation. Facilité pour la téléopération, facilité de modifier les programmes.
Planification de la trajectoire. Planification des déplacements.

Dans les deux cas, les différents « roadmaps » publiés indiquent tous que ces nouveaux types de robots prendront beaucoup plus d’importance dans le futur. D’après le rapport 2008 de l’IFR (International federation of robotics), les robots de service pour usage professionnel vont représenter un marché de 9 milliards de dollars pour la période 2008-2011. Il est donc probable que le Québec suive également cette tendance.

Exemples d’applications industrielles en robotique de service

Agriculture

Les robots en agriculture ne sont pas encore largement utilisés, car ils dépendent du développement du traitement de l’information collectée par les différents senseurs. Couplés avec un système de GPS, les robots en agriculture pourraient œuvrer dans la semence, le désherbage, l’arrosage et la cueillette. La difficulté principale est au niveau de l’environnement très changeant et varié, ce qui complexifie autant la conception mécanique du robot que les algorithmes de traitement des informations. L’implantation de ce type de robot dans des serres constitue une avenue intéressante pour débuter avec ces nouvelles technologies. En effet, l’environnement est plus stable et contrôlé, ce qui devrait faciliter la tâche.

Foresterie

La coupe des arbres semble être la tâche de prédilection pour la robotique en foresterie. Un des défis consiste à identifier les arbres pouvant être coupés de ceux qu’il est préférable de laisser sur place. Comme pour l’agriculture, de nombreux défis résident dans les conditions changeantes du terrain, de la luminosité, des conditions climatiques, etc.

Mines

L’utilité principale de la robotique pour les mines est la protection de la santé et de la vie des humains. Les tâches typiques pour les robots sont le mappage des galeries, la pose des explosifs, la cueillette de minerais dans des endroits dangereux pour des humains. Les autres développements anticipés sont des systèmes autonomes de forage et des systèmes autonomes de transport du minerai. Le Département de l’énergie des États-Unis financerait un projet de développement d’une interface opérateur-robot conviviale pour des mines à ciel ouvert.

Nettoyage de plancher

On ne parle pas ici de nettoyer le plancher dans nos maisons, mais de systèmes autonomes pour nettoyer de grandes surfaces dans des usines, des entrepôts et de grands édifices. Selon des données européennes, la main-d’œuvre représente entre 70 et 80 % du coût de nettoyage. Il y a donc des opportunités intéressantes dans ce domaine.

Nettoyage de conduits, tuyaux et réservoirs

Même si le nettoyage de conduits, tuyaux et réservoirs est une tâche évidente pour des robots, très peu de systèmes sont en œuvre en ce moment. Dans plusieurs cas, l’accès est difficile pour tout humain. De plus, ce nettoyage est souvent réalisé dans des conditions difficiles, si ce n’est pas carrément dangereux. Selon des études, le nettoyage de réservoirs se réaliserait de trois à cinq fois plus rapidement avec un robot que l’opération manuelle, principalement à cause des différentes contraintes de sécurité requises.

Nettoyage de matériel de transport

Plusieurs robots ont été conçus pour le nettoyage extérieur de véhicules, d’avions, de bateaux et de trains. Dans de nombreux cas, ces développements n’ont pas dépassé le stage du prototype. C’est seulement dans des situations extrêmes que ces projets se sont concrétisés : décontamination de véhicules militaires ou enlèvement de crustacés sur des coques de bateaux. Ce type d’application devrait prendre de l’ampleur dans le futur.

Inspection et entretien d’infrastructures et d’usines

L’inspection et l’entretien de grands ouvrages comme les édifices, les ponts, les viaducs et les installations en haute mer sont coûteux et souvent dangereux pour l’humain. L’utilisation de la robotique peut donc nettement faciliter ces tâches, surtout afin d’éviter d’exposer des gens à des situations ou des conditions dangereuses.

Inspection de réservoirs, d’aqueducs et d’égouts

Similairement au nettoyage de réservoirs et de tuyaux, l’utilisation de la robotique permettrait de réduire sensiblement les risques pour les humains qui réalisent présentement ces tâches. De plus, des robots peuvent accéder à des tuyaux trop petits pour qu’un humain s’y insère. Ces tâches sont clairement intéressantes pour des robots. La majorité des systèmes d’inspection robotisés sont nouveaux et la majorité n’a pas été plus loin que l’étape du prototype.

Systèmes de démolition

Dans toute activité de démolition, il réside toujours un risque important pour l’humain. Actuellement, ce sont surtout les systèmes télécommandés ou partiellement autonomes qui sont utilisés. L’autonomie de ces systèmes serait appelée à s’améliorer, afin de réduire l’intervention humaine.

Construction d’édifices

Même si l’utilisation de la robotique dans ce secteur est envisagée depuis les années 1980, l’adoption de ces technologies est moins forte qu’anticipée initialement. Une des raisons avancées est le conservatisme du secteur, peu enclin à utiliser de nouvelles technologies. L’autre raison principale est technique, les sites de construction étant des milieux non standards et comportant beaucoup d’intervenants, ce qui complexifie le développement de robots pouvant œuvrer dans ces conditions.

Il y a malgré cela différents développements récents. Parmi les tâches qu’il est possible de robotiser, il y a le transport du matériel (en vrac ou unitaire), la préparation du matériel (coupage, formage, usinage), l’assemblage d’éléments de structure et le bétonnage. Certains avancent que les solutions robotiques sont 30 % plus rapides que les opérations manuelles.

D’autres envisagent l’automatisation de la construction en scindant les étapes : préfabriquer des composantes en usine de façon automatique et procéder à l’assemblage manuellement sur le site. Dans cette situation, on revient par contre à la robotique manufacturière plus traditionnelle.

Construction de routes

Les premiers prototypes robotisés d’équipements de pavage et de roulage ont été introduits sur le marché, mais leurs diffusions restent limitées. Une autre application suggérée est le traçage des lignes et autres indications sur la surface de roulement. Les principaux avantages des solutions robotisées restent au niveau de la sécurité des travailleurs et de la productivité, les robots pouvant travailler sans relâche.

Manutention en usine

Avec la popularité de cellules de fabrication automatisées et flexibles, l’utilisation de transporteurs guidés automatiquement (« automated guided vehicles » - AGV) sera sûrement une tendance dans le futur. Traditionnellement, les AGV étaient guidés par un fil ou un ruban au plancher. Les derniers développements en navigation permettent maintenant d’avoir des AGV entièrement autonomes. Ils sont utilisés dans des grandes usines et centres de distribution. Dans les usines, des bras robots peuvent décharger le matériel amené par les AGV.

Manutention extérieure

Depuis plusieurs années, il est envisagé d’utiliser des AGV pour le transport de conteneurs dans les ports. Le port de Brisbane en Australie possèderait les premiers exemples de cette approche. Les Allemands travailleraient également là-dessus. Il reste malgré cela beaucoup de travail à faire, car l’environnement extérieur est changeant, rendant complexes les systèmes de navigation et de sécurité.

Autres sources d’information :

http://www.lablogatoire.com/

http://video.telequebec.tv/video/2671/des-robots-au-service-des-humains?sortExpression=4&sortDirection=1

http://www.reai.ca/liste_membre.htm

http://robot.gmc.ulaval.ca/fr/index.html

http://www.robot-intelligence-artificielle.com/software/plateformes-logicielles-pour-robots-de-services.html

 

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